Bande annoce...
Je vais vous raconter ma vie... ... ...
Attendez, ne partez pas ! Laissez-moi me présenter !
Je suis Areth et j'ai toujours vécu dans un village Rok. Un village Rok est un village fermé du monde, aménagé dans une tour de roc. Pour agrandir le village, on monte un étage. Ainsi, mon village possède un étage potager, un étage enclos, un étage habitations... Personne ne sort, personne n'entre. Nous sommes une bonne cinquantaine je pense, et cette vie tellement monotone m'ennuie. J'en ai assez de toujours manger la même chose, assez de végéter à longueur de journée ! Depuis 6 semaines, pour changer, je n'ai rien avalé...
Et je vais avoir une idée débile, une idée stupide et dingue...
Je vais avoir l'idée de sortir !
C'est le moment où ma vie va basculer.. Cette vie que je vais vous raconter maintenant !
Chapitre 1… Avant que tout ne commence.
« - Ho poiscaille ! Debout !
- Hein ? Mais il est quelle heure ?
- 6 heures ! faut que t’ailles nourrir les bêtes, allez !
- Chier ! Tu peux pas y aller, toi ?
- Grouille-toi ou j'te colle une baffe !
- Oh c’est bon hein, j’y vais… »
Rha… Ça m’énerve ! Ça m'énerve !
Je dois endurer ça tous les jours ! Ouais, tous les jours ! 14 ans de supplice au service de ces fous qui ne foutent rien de leur journée, qui ne sortent même pas de leur Roc ! Et moi je dois me taper l’élevage de ces trucs débiles qui te lèchent à longueur de journée, qui te bavent dessus et te regardent avec des yeux humides… On les appelle des courouges. Mon pire cauchemar...
Comme toujours, je m’engouffre dans cet énorme couloir, les yeux encore collés par le sommeil. Il est long, très long !
Comme toujours, j’ai l’impression qu'il ne va jamais se terminer…
Je veux qu'il ne se termine jamais ! J'adore cette sensation d'infini, je ne rêve que de ça, que de partir de ce camp militaire....
Me voici à l’enclos… Toujours cette odeur pestilentielle ! Et toujours le même qui nettoie (moi).
Vous trouvez que je me plains beaucoup ?
Eh bien venez ! Venez vous lever tous les jours à l'aube ! Venez vivre dans le noir et l'humidité ! Venez vivre avec des fous paranoïaques qui n'ouvrent jamais la bouche !
Je remplis les mangeoires, je vide les box, je les récure, je brosse ces gros lards…
Parfois je me dis qu’ils vivent mieux que moi !
Mais bon, à bien y réfléchir, on les abat et on ne mange que ça… du steak de courouge, du haché de courouge, de la langue de courouge… et oui oui, c'est aussi infâme que ça en a l'air !
Je suis au bord de la crise de nerfs… Je n'en peux plus... Tous les jours la même rengaine ! Réveil, travail, ennui, travail, repas et au lit…
14 ans ! QUATORZE ans ! Je vais craquer... J’en ai marre ! Je veux partir !
Je vais partir !

Chapitre 2… Libération
C’est décidé… Je sors ! Je vais fuir ces gens à jamais !
Mais… Il faut que je trouve un moyen de sortir… Ce Rok est plus fermé que leurs pensées. Argh… Comme d’habitude je dois me démerder…
D’un coup j’ai une idée ! Faire un trou !
Plus facile à dire qu’à faire…
« - Ho le gogol tu vas arrêter de parler tout haut ? Y’en a qui dorment !
- Hein ? Je parlais haut ?
- Ouais ta gueule ça nous fera des vacances ! »
Ce moment-là a été le plus ridicule de ma vie…
Bref… Pour faire un trou le mieux c’est de commencer sur une brèche… Tiens ! Un Courouge débile comme les autres s’amuse à frapper sa tête contre le mur de son box.
Comme un grand enfant je cours tout joyeux dans le couloir très long et descends à l’enclos.
Arrivé là, je vois le box de l’animal en question. Il dormait, le crâne ensanglanté et derrière lui un joli trou !
J’empoigne l’animal par la tête et le frappe contre le mur, et je peux vous dire qu’ils ont la tête dure ! Ouais… 15 minutes à fracasser l’animal ! Contre le mur donc : des jolies brisures. J’avais l’impression que le courouge n’avait rien… Et…
Le sol se met à trembler ! Je commence à paniquer ! J’avais l’impression que les animaux ne sentaient rien… Le sol tremblait et les brèches dans le mur s’agrandissaient de plus en plus… jusqu'à faire une jolie brisure. Ce tremblement... sera un mystère entier que je ne comprends toujours pas aujourd’hui…
Bon… voilà le topo,
Je suis dans un enclos avec des animaux qui dorment, il y en a trucidé dans mes mains et je suis en face d’un mur brisé à moitié à cause d’un tremblement de terre imaginaire… Oui, je suis en train de délirer ! Mais… Je passe les mains sur cette surface et je sens bien les brisures passer sous mes doigts… Je serre les doigts, je frappe le mur et … il se brise… Comme la coque d’un œuf… comme si… comme si quelqu’un avait déjà cassé ce mur…

Chapitre 3… Ma sortie
Je suis planté là, à contempler ce trou… Je viens d’accomplir quelque chose de délirant que ne me fait pas du tout rire… Je lâche le courouge à mortier mort puis j’avance… et… je regarde la lumière jaillissant de cette chose… que je vois pour le première fois... le soleil !
J’ai vécu 14 ans dans la noirceur et l’humidité d’un rok et aujourd’hui… je sens la chaleur bienfaisante du soleil.
Ce n’est pas tout… je fais quelque pas sur une terre désolée et je me retrouve sur de l’herbe… encore mouillée par la rosé du matin… je ne peux plus parler tellement je suis ému de ces nouvelles choses dans ma vie.
L’envie me prend de vagabonder et oublier à jamais mon ancienne vie. Je cours donc dans les plaines qui se dévoilent à mes yeux.
Ça parait bien beau sur le papier hein ? Mais j’en oublie complètement de me nourrir, de boire et de dormir… Oui, mon ventre me torturait déjà énormément comme ça… et oui ce rêve magnifique finit par me ramener à mon point de départ.
Je continue à marcher dans ces paysages enchanteurs… et vais rencontrer une beauté magnifique… une rose, rouge comme le sang du courouge qui coulait encore sur ma main… Un larme échappa de mes yeux à ce moment-là je décide d’aller chercher des courouges pour me nourrir et rien de plus.
Il est midi, je suis perdu, ventre vide et langue asséchée. Un mélange de deux émotions qui ne collent pas… Je commence à percevoir le cauchemar qu’est le rok, je cours vers mon trou, je rentre apercevoir mon fameux courouge moitié mort et en prends un autre, celui-ci est bien en point et déjà sellé.
Je monte sur lui, passe par le trou et galope dans les plaines à nouveau. Je me rends compte que cet aller-retour ne me servira a rien.
Je vais vivre 2 jours ici en pleine plaine et manger des fruits. Quel délice ! Des baies et des cerises ! Cueillies pour mon courouge et moi.
Je vais m’installer au bord d’un ruisseau vivre plusieurs jours en joie sans rien sur ma route, ça semble bien non ? Une vie pépère au bord d’un ruisseau, à me nourrir de fruits et boire l’eau vive et fraîche, à vagabonder dans les plaines et les plages d’un monde juste à moi !
Et bien ouais, j’adore cette vie ! Sauf que…

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